HISTOIRE DE SATAN (Abbé Lecanu, 1861) – Introduction 2 (§ « la magie »)

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L’histoire de Satan – Sa chute, son culte, ses manifestations, ses œuvres, la guerre qu’il a fait à Dieu et aux hommes (1861)

Magie – Possessions – Illuminisme – Magnétisme – Esprits frappeurs – Spirites- Etc. – Etc.

Démonologie artistique et littéraire, association démoniaque, imprégnation satanique ou le sacrement du Diable.


INTRODUCTION


§ 2 – La Magie; son inanité

La magie savante, celle qui vit de combinaisons, d’art et d’étude, n’est rien et ne produit rien. C’est déjà un grand bienfait accordé par le Créateur, de n’avoir pas permis que le pouvoir de nuire aux hom mes à distance, sans danger pour soi-même, par des moyens cachés, put se systématiser et prendre rang parmi les sciences, car alors l’univers aurait été à la discrétion d’un seul homme. C’est un grand bienfait que l’homme ne puisse pas se sauver ou se secourir lui-même par des moyens magiques, autrement, que seraient devenues les vertus que nous appelons émulation, diligence, prudence, sagesse ? La magie aurait tenu lieu de labeur et de prévoyance ; le genre humain se serait éteint dans la paresse.

Tous les savants qui ont étudié cette magie que les livres enseignent, avouent sans détour qu’elle n’est rien, moins que rien, et que c’est se décevoir d’en attendre quelque chose. Personne n’en parle avec plus de dédain que le célèbre Jamblique, et il devait s’y connaitre : « Qui oserait soutenir, dit-il, qu’il se trouve quelque vérité dans les arts de la magie ? C’est tout au plus si les magiciens peuvent tromper les yeux par de vaines apparences’[1]. » Le fameux Campanella, qui se créa une si grande réputation au moyen âge, sinon par ses succès dans l’art de la magie, du moins par ses écrits, après avoir dévoilé les secrets du métier et spécifié les merveilles qu’ils sont destinés à produire, ajoute : « Si tout cela était vrai, personne ne serait en sureté sur la terre. Heureusement, Dieu n’a pas rendu si facile ce qui pourrait être si terrible. D’un signe nous réduirions en poussière l’armée des Turcs[2]. » Corneille Agrippa, qui s’est fait dans le même genre une réputation plus étendue et plus durable que Campanella, n’a-t-il pas, dans plus d’un passage de son traité de la Vanité des sciences, pro clamé hautement l’inanité de la magie, et regretté amèrement le temps qu’il a perdu à l’apprendre ?

Si la magie possédait de soi quelque vertu, Néron, le tout-puissant empereur du monde, qui n’épargna ni les crimes ni les trésors de l’empire pour découvrir ses secrets et en tirer parti, n’aurait-il pas trouvé au moins une partie de ce qu’il cherchait ? Loin de là, Pline avoue que ce prince fit la triste expérience de son impuissance. S’il faut, après avoir dépensé des millions, vendre, donner, offrir à Satan son âme et sa vie, le prier même de les accepter, persévérer longuement dans cette prière et se souiller de crimes multipliés et inimaginables pour la rendre plus efficace, personne ne dut être plus sûrement exaucé que ce maréchal de Retz dont nous raconterons l’épouvantable histoire ; or cependant, il en convint avec d’amers regrets sur le bûcher, il n’obtint jamais rien.

C’est que, heureusement, la magie n’est pas une science ni un art, et qu’il ne dépend point du premier venu de bouleverser à sa volonté l’ordre établi de Dieu.

Et, de plus, il est pour le moins douteux que Satan voulut, lors même qu’il le pourrait, se rendre ainsi l’esclave de toutes les passions des hommes, et s’obliger à répondre à tous leurs appels. Son œuvre à lui, comme il l’entend, comme il veut l’accomplir au profit de son orgueil et de sa haine envers Dieu et les hommes, en serait singulièrement troublée ; de maitre, il deviendrait serviteur, et ne travaillerait plus à son bénéfice exclusif. Un berger ignorant, qui possède le triste privilège de l’imprégnation satanique, a plus de part dans cette ouvre que le plus savant des académiciens ou le plus puissant des monarques, et encore ne peut-il pas grand-chose en fait d’événements importants, et presque rien sur les faits généraux.

Ce serait une grande erreur de croire que Satan, cette nature angélique, qui n’a ni sens, ni matière, ni appétits physiques, put être alléché ou contraint par quelque moyen physique, paroles ou actes, menaces ou conjurations, sacrifices ou formules. Qui donc l’y aurait asservi ? sa propre manière d’être ? Nullement. – Sa volonté ? Satan aurait bien de la bonté. – Le Créateur ? Cela n’a jamais été dit. Au contraire, le Créateur, qui ne peut ni ne veut tenter personne par lui-même, a fait de Satan, non pas le serviteur ni le maitre, mais le tentateur des méchants[3].

C’est un fait admis dès la haute antiquité, que les natures angéliques ne sauraient être contraintes par les actes de l’homme. L’illuminé Jamblique, l’adversaire du christianisme, le suppôt des mystères et du culte satanique, consacre une partie considérable de son livre à le démontrer, tant la philosophie, même païenne et militante, avait été éclairée à cet égard par une expérience de deux mille ans. « Les dieux et les démons, dit-il, les anges et les archanges, car le christianisme lui a appris à prononcer ces mots, ne sauraient livrer une prise quelconque au pouvoir de l’homme ; seulement ils s’accommodent, lorsque cela leur convient, aux désirs de celui-ci, par convenance ou par bonté[4]. » On comprend de quels sentiments de bonté les dieux que le paganisme évoquait, pouvaient être animés à l’égard de l’homme.

Mais est-ce bien là la pensée, l’enseignement, la pratique de l’Eglise chrétienne, dont l’avis ne peut manquer d’être prépondérant en cette matière, puis qu’elle s’est toujours et si spécialement occupée de démonologie ? Oui, c’est son sentiment, son enseignement, sa pratique.

La plus ancienne de ses décisions est celle du concile d’Ancyre, tenu vers l’an 314. « Que les évêques et les prêtres, dit la sainte assemblée, emploient tous les moyens pour faire comprendre au peuple, que ces méprisables femmes qui se vantent de chevaucher certaines nuits sur des bêtes extraordinaires, et d’être emportées de la sorte à travers l’espace à des danses et à des divertissements auxquels président Hérodiade ou Diane, la déesse des païens, ne sont ainsi ravies qu’en esprit, et non en réalité; que ce sont des extravagances d’une imagination en délire, et non des faits; des illusions démoniaques, et non des œuvres divines. Un chrétien qui oserait professer ou croire que Satan, prenant la place du Dieu créateur, a le pouvoir de changer en bien ou en mal les formes d’une créature, de la faire passer d’une espèce à une autre ou d’une apparence à une autre, serait pire qu’un infidèle ou un païen[5]. »

Le IIIe concile de Tours, en 813, tout en proscrivant sévèrement les pratiques de la magie, recommande pareillement aux pasteurs des âmes d’avertir les fidèles que les enchantements, les ligatures et les autres secrets de la magie ne peuvent produire d’eux-mêmes aucuns effets sur la santé des hommes ou des animaux[6]. Cinq siècles plus tard, saint Bernard devait faire condamner Abeilard au concile de Rome, pour avoir soutenu que les charmes et les ligatures contraignent le démon à opérer ce qui lui est demandé. C’était la dix-huitième erreur reprochée à l’auteur du Oui et non[7].

Tous les conciles tenus aux quinzième et seizième siècles prirent un soin particulier de combattre les pratiques de la magie, trop répandues alors, de montrer aux fidèles le crime de cette sorte de culte rendu à Satan, l’inanité des moyens employés pour le tenter lui-même ou le contraindre, et la nullité nécessaire des résultats.

Combien de fois l’astrologie et les amulettes astrologiques n’ont-elles pas été stigmatisées comme un art trompeur et vain ? Rien n’y a manqué, ni décrets des conciles, ni bulles des souverains pontifes[8].

Rien n’est plus énergique, plus doctrinal et plus précis que les bulles des souverains pontifes Sixte V et Urbain VI, aux dates de 1586 et 1634, contre l’astrologie, ou plutôt contre tous les arts magiques.

Dans la bulle Cæli et terra, du 9 janvier 1586, le premier déclare que la divination est un art illusoire en tout et toujours ; que le démon, ne connaissant pas l’avenir, ne saurait le révéler ; que les promesses des magiciens sont mensongères, et la confiance de leurs disciples une sotte crédulité. Il emploie les termes les plus énergiques, pour repousser comme fallacieux les secrets de l’art en général et de chacune de ses branches en particulier. Aucune ne trouve grâce devant lui, ni l’astrologie, ni la chiromancie, ni la nécromancie, ni l’hydromancie, ni le sortilège, ni tels autres modes d’interroger le démon, dont il donne un long détail. Craignant de ne pas avoir exprimé sa pensée d’une manière assez claire, il se résume et revient sur ses pas, pour déclarer de nouveau que le secret de l’avenir appartient à Dieu seul, et que c’est une impudence et une impiété de prétendre le partager avec lui.

Tels sont donc les principes définis par l’Église, non-seulement en ces circonstances, mais en beau coup d’autres. Tels sont aussi les enseignements traditionnels transmis par les Pères et les Docteurs ; nous nous contenterons de recueillir çà et là quelques témoignages.

Tertullien a déclaré jusqu’à deux fois qu’à ses yeux la magie n’était qu’une pure tromperie[9]. Saint Chrysostome émettait la même doctrine du haut de la chaire[10], de même Tatien, dans son Discours contre les Grecs. Saint Augustin et saint Thomas se prononcent d’une manière positive contre la réalité de la transformation des hommes en bêtes ; mais ils admettent la possibilité d’une illusion produite par Satan, et saint Augustin ne se refuse pas à croire que le prince des ténèbres peut transporter les hommes à travers l’espace ; c’est en effet l’enseignement de l’histoire et de l’Église, nonobstant les négations du commentateur Louis Vivès et du théologien Navarre.

Sur la question des enchantements, des amulettes et des philtres, l’accord des théologiens et des Pères est à peu près unanime : tous proclament l’inanité de ces moyens. Saint Epiphane déclare que les enchantements et les breuvages n’ont pas la puissance de changer les cours. Saint Thomas, Ciruelo , Suarez, partagent le même avis; seulement ils ajoutent qu’inoffensifs de leur nature, ils peuvent devenir offensifs accidentellement, le démon s’en faisant quelquefois un moyen d’exercer sa méchanceté[11]. Réserve aussi juste que vraie ; nous dirons dans quelles conditions cela arrive.

« Si le pain, qui a la propriété de nourrir l’homme, ne lui sert de rien tant qu’il le porte suspendu à son cou, dit Origène, de quoi voulez-vous que puissent servir des objets qui n’ont aucune propriété, si on les porte suspendus de la même façon ? Jetez donc au feu vos préservatifs, pour voir s’ils auront la puissance de se préserver eux-mêmes[12]. »

L’astrologie et les amulettes astrologiques ont tou jours été jugées du même point de vue, malgré les hésitations de saint Bonaventure, de Cajetan, de Pierre d’Ailly et de saint Thomas d’Aquin ; il serait superflu d’entrer dans des détails à ce sujet.

Saint Augustin n’ose décider si les magiciens ont le pouvoir d’évoquer les âmes par la force de leurs enchantements ; mais Tertullien, plus hardi, soutient que nul art magique ne peut arracher les âmes des saints du lieu de leur gloire et de leur repos[13].

« S’il était donné aux âmes des défunts, dit saint Athanase, de se rendre visibles pour les vivants, Satan en profiterait pour feindre des apparitions et tromper les hommes. » Malheureusement c’est ce qui arrive, et la supposition du grand docteur se tourne en réalité. « Les apparitions sont des illusions, dit le théologien Soto, puisque les âmes ne peuvent ni se former un autre corps, ni agir sur nos sens, n’en ayant pas elles-mêmes. » Saint Thomas raisonne de la même manière : « Les âmes ne peuvent, dit-il, rendre le mouvement au corps qu’elles ont quitté, et Satan ne peut lui rendre la vie. D’ailleurs les âmes des saints ne sont pas soumises à son pouvoir, et les âmes des méchants ne sont pas libres de sortir de leur prison[14]. »

Parmi ceux qui ont admis la réalité des apparitions, la plupart les ont considérées comme de véritables miracles ; mais, envisagée de la sorte, la question change de nature.

L’impuissance avérée de Satan à produire des prodiges réels, principalement des prodiges qui ver tissent à l’utilité de l’homme, ou du moins son refus si fréquent de répondre à ceux qui l’invoquent, était justement la cause qui forçait les magiciens de l’antiquité à commettre ces fraudes et ces supercheries qu’on leur a tant reprochées, la cause qui les mettait même quelquefois dans la nécessité d’avouer leur impuissance. « Racontez-moi le songe que j’ai eu, et donnez-en l’explication, disait Nabuchodonosor le Grand aux magiciens d’Assyrie pensionnés par l’État. – Prince, répondaient-ils, racontez vous-même votre songe, et nous l’expliquerons. — Je vous ai prévenus que je ne m’en souvenais pas, et je vois que vous cherchez à gagner du temps pour vous concerter, et me tromper ensuite par une réponse illusoire. Il n’en sera point ainsi ; dites le songe et donnez l’explication : à la vérité du récit, je reconnaitrai la vérité de l’interprétation. – Prince, jamais un roi, pour grand qu’il soit, n’a demandé de pareilles choses à des magiciens ; il n’y a que les dieux qui puissent les savoir, et les dieux n’ont point de commerce avec les hommes. De grâce, dites le songe, sans quoi nous ne pouvons rien. -Alors vous mourrez[15]. » La sentence s’exécutait, lorsque l’homme de Dieu se présenta, et résolut la question proposée.

Nous n’entreprendrons pas de déterminer le pouvoir intrinsèque des natures angéliques, ni la mesure de celui qui est demeuré à Satan après sa chute ; beaucoup de graves auteurs ont traité cette question, nous préférons renvoyer à leurs ouvrages ; mais, quel que soit le pouvoir de Satan, il est nécessairement subordonné, et ne s’exerce que dans des limites, dans un ordre de faits et en des circonstances concédées de Dieu[16] !

Les démonographes exagèrent beaucoup trop l’é tendue de la concession ; les rationalistes l’annulent. Cependant il est un fait d’histoire, ou plutôt d’observation générale, qui n’échappe point aux yeux des gens instruits, pas plus qu’à ceux des théologiens : c’est que le pouvoir de Satan dans ses communications directes avec les hommes au sein des nations chrétiennes, est infiniment plus restreint que parmi les peuples infidèles. Là règnent et ont toujours régné les possessions et les œuvres de la magie démoniaque. Et tous les théologiens proclament que la vertu satanique a été liée dans de très-étroites limites par la rédemption du genre humain, à l’égard de ceux qui en portent le caractère.

Les petits maitres au fait de la philosophie traitent beaucoup trop légèrement ces questions : tout ce qui dépasse leur horizon est pour eux préjugé et ignorance ; mais ils ne font pas attention que le peu de lumière qu’ils possèdent, leur vient du christianisme, auquel ils en savent cependant si peu de gré, et que les préjugés les plus funestes sont ceux d’un demi savoir prétentieux, qui juge de tout suivant un ordre d’idées acceptées sans examen.

Trois aphorismes peuvent être posés sans crainte de démenti : 1° Satan étant un être mauvais et ennemi, il ne se rendra jamais serviable. Il est donc inutile de lui demander des bienfaits ; s’il parait accorder quelque chose, ce sera pour mieux séduire et tromper. 2° Vu sa nature immatérielle, aucun acte de l’homme ne saurait avoir prise sur lui ou le contraindre : c’est donc grand’ pitié de croire à la vertu des paroles mirifiques et à l’efficacité intrinsèque des formules de la magie. 3° Ce qui est nul et inefficace de soi, peut devenir accidentellement efficace par la volonté ou la permission du Tout-Puissant, auquel l’homme ne saurait assigner des règles ou des limites. Or le Tout-Puissant a prévu, permis, voulu la tentation de l’homme par le diable : la magie est un moyen de tentation ; il ne faut donc pas conclure de son impuissance native à une inefficacité absolue.

Tous les maitres de la science divine, en reconnaissant le pouvoir laissé accidentellement et avec subordination à Satan, et, par une conséquence directe, le pouvoir accidentel et irrégulier des invocations et des moyens magiques, proclament l’impuissance fondamentale et intrinsèque de ces moyens. La plupart, en examinant de plus près les œuvres spéciales que la crédulité populaire attribue à Salan et à ses agents, déclarent cette crédulité mal fondée, et ces mêmes œuvres en dehors des limites de sa puissance.

En raisonnant ainsi, les théologiens et les docteurs de l’Église ne nient point Satan, ni sa malice, ni son pouvoir, ni ses manifestations accidentelles, et n’excusent point les tentatives de ceux qui cherchent à se mettre en rapport avec lui. D’où il résulte, en dernier lieu, que l’usage des exorcismes est amplement justifié, et que la peine d’excommunication portée contre les magiciens est juste et légitime.

Rien de plus déplorable en effet, au sein du christianisme, que ces déplorables pratiques, puisque c’est l’antichristianisme ; rien de plus abrutissant au sein de la civilisation chrétienne, et rien de plus funeste pour la morale, car la sorcellerie est toujours accompagnée de certaines autres pratiques et d’un certain genre d’abominations que nous aurons plus d’une fois l’occasion de signaler.

« L’esprit prophétique est naturel à l’homme, dit le comte de Maistre, et ne cessera de s’agiter dans le monde[17]. »

C’est la curiosité qu’il aurait dû dire, car, pour l’esprit prophétique, les plus savants maitres dans les arts divinatoires affirment, au contraire, que tous les moyens naturels sont vains et par eux-mêmes improductifs : la Divinité sera seule l’agent de la divination, si elle daigne se communiquer ; l’homme n’y peut absolument rien, et tout ce qu’il tire de son propre fonds n’est qu’illusion ou conjecture incertaine.

C’est ce que Jamblique a longuement et nettement établi ; il consacre à ce seul sujet les trente et un chapitres de la troisième section de son livre. « La divination n’est pas une œuvre humaine ; la nature ni l’art ne sauraient y conduire. L’extase, en tant qu’affection du corps ou de l’âme, la musique, l’eau ni le feu, les potions, le sommeil, l’extipicine, les augures, l’astrologie, les sorts, les songes, l’enthousiasme, les enchantements de la magie, la mélancolie, l’ivresse, la fureur, tout cela ne saurait de soi-même faire deviner. Les dieux seuls donnent à l’homme l’esprit de prophétie, soit qu’ils l’élèvent jusqu’à eux, soit qu’ils descendent dans son âme à ces occasions, en d’autres termes, soit qu’ils la ravissent ou qu’ils la possèdent. Mais il faut prendre garde, parce qu’il y a de mauvais démons, des anti-dieux, qui se présentent par fois en place des dieux véritables. » Telle est la thèse qu’il soutient.

Nous sommes de son avis. Le signe de cette possession, inhalation divine, absorption, ravissement, car il emploie tous ces termes, c’est l’extase. Il y a, ajoute-t-il, l’extase divine et l’extase démoniaque.

Nous le savons ; mais ce qu’il se gardait de reconnaitre, c’est que l’extase divine n’appartient qu’aux ministres et aux amis du vrai Dieu, et non pas aux ministres et aux sectateurs des dieux du paganisme. Si quelques-uns, comme Balaam ou la pythonisse d’Endor, ont été subjugués par l’esprit divin, ce sont des exceptions sur lesquelles il ne faut pas compter ; partout ailleurs, c’est l’esprit satanique.


[1] Des Mystères, sect. 111, chap. 26. Il parle ainsi de cette magie artificielle que nous appelons magie savante; la véritable magie, qui seule produit des effets , il la croyait une œuvre divine.

[2] Et profecto si hæc vera essent, nemo tutus esse posset ab ini mico. At Deus hunc ordinem perniciosum tam facilem non posuit; sic sine armis exercitum Turcarum uno nutu deleremus.- En effet ; mais qu’arriverait-il si les Turcs faisaient un signe en sens contraire ? Ce serait l’histoire du chien et du renard fées, dont l’un avait le privilège de toujours prendre, et l’autre celui de n’être jamais pris: or il advint qu’ils se rencontrèrent.

[3] Deus intentator malorum est, ipse autem neminem tentat. (Jac. 1, 13.)

[4] Des Mystères, sect, ill, ch. 22 ; – sect. iv, ch. 3 et 4; – sect. vi, ch. 5, etc.

[5] Canon Episcopi. Ap. Baluse, tom. II. Le nom d’Hérodiade place ici se rapporte à certaines croyances passablement païennes de ce temps-là, suivant lesquelles la fille et la mère auraient été condamnées, en punition du meurtre de Jean-Baptiste, à errer dans les forêts jusqu’à la fin du monde depuis minuit au chant du coq

[6] Concil. III. Turon. capitul. II. – Capitul. à Bernardo claráv. ad Eugen. Il delata

[7].Capitul. à Bernardo clarav. ad Eugen. II delata

[8] Hist. de l’Univers. de Paris, tom. y. – Collect. de d’Argentré, tom. 1, années 1466 et 1493.-Concil. Milan. 1586.-Tolos. 1590. Burdegal. 1583.- Rothom. 1581. — Trident. tit. de libr. prohib. regula ix

[9] Tertul. de Anima, cap. LyII.-Adv. Marc. I. y, c. 16

[10] Chrysost. homil. xxi, et v adv. Jud

[11] Epiph. Hæres., 1. 1, tit. II, ser. III.- Aquin. 1 væ, q. 96, a. 2. — Contra Gent. cap. civ et cv. —Ciruelo, Superst. part. iii, cap. 3. – Suarez, Relig. I. II

[12] Origen. in Job. Peut-être Jean de Jérusalem.

[13] August. De cura anim.-Tertul. De anima.-Athanas. ou l’auteur des Questions, quæst. XI, XIII, XXXV.

[14] ? Aquin. I, 9. CXVII, a. 4. — Benedict. XIV, de Serv. Dei Beatific. lib. iv, p. I, cap. XXXII.

[15] Dan. 11, 7.

[16] Benedict. XIV, de Serv. Dei Beatif. lib. iv, part 1. cap. III, nis 7 et 11. – Arauco, Decis. moral. t. m, 4. 23. – August. ad q. q. Simpl. I. II. -Aquin. 1, q. cxv, a. 4.

[17] De Maistre, Soirées de Saint-Petersb., Kle entretien


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