Spiritualité au quotidien – Le travail par Khalil Gibran

La spiritualité c’est faire descendre l’esprit dans la matière.

La spiritualité c’est être capable de voir l’esprit dans la matière.

C’est le cœur à l’ouvrage, c’est remplir les choses.

Les expressions et les adages sont bien faits :  » le cœur à l’ouvrage »…

Le travail peut être source d’accomplissement spirituel, un moyen de perfectionnement.

C’est ce que nous a parfaitement exprimé le poète Khalil Gibran dans son livre « Le Prophète ». Un des chapitres est consacré au travail :

La chose ici est merveilleusement résumée :

Quand vous travaillez, vous êtes une flûte, où, à travers son coeur, les soupirs de vos heures se métamorphosent en mélodie.
Qui parmi vous souhaiterait rester tel un roseau vierge de son, alors qu’autour de vous tout chante à l’unisson ?

Voici l’extrait intégral de son chapitre 7 –  » Le Travail ».

Cet extrait est à méditer pour remplir ses heures.

Puis un laboureur dit : « Parle-nous de Travail ».
Et il répondit, en disant :
« Vous travaillez pour vous maintenir au diapason de la terre et de l’âme de la terre.
Car être oisif c’est devenir étranger aux saisons, et s’écarter de la procession de la vie qui marche avec majesté et fière soumission vers l’infini.
Quand vous travaillez, vous êtes une flûte, où, à travers son coeur, les soupirs de vos heures se métamorphosent en mélodie.
Qui parmi vous souhaiterait rester tel un roseau vierge de son, alors qu’autour de vous tout chante à l’unisson ?
Il vous a toujours été dit que le travail est malédiction et le labeur un malheur.
Mais moi je vous dis que quand vous travaillez vous œuvrer à réaliser une parcelle du rêve le plus ancien de la terre, qui vous fut attribué quand naquit ce rêve,
Et vivre en harmonie avec le travail c’est en vérité aimer la vie,
Et aimer la vie à travers le travail c’est être initié au secret le plus intime de la vie.
Mais si dans votre douleur vous appelez la naissance une affliction et le poids de la chair une malédiction inscrite sur votre front, alors sachez que seule la sueur de votre front pourra laver ce qui y est inscrit. »
Il vous a été dit aussi que la vie n’est que ténèbre, et à chaque fois que vous soupirez de lassitude, vous le répétez tout bas, en vous faisant l’écho de ceux qui avant vous ont été las.
Or moi je vous dit que la vie est ténèbre si elle n’est pas animée par un élan,
Et tout élan est aveugle s’il n’est pas guidé par le savoir,
Et tout savoir est vain s’il n’est pas accompagné de labeur,
Et tout labeur est futile s’il n’est pas accompli avec amour ;
Et quand vous travaillez avec amour vous resserrez vos liens avec vous-même, avec autrui, et avec Dieu. »
Et qu’est-ce que travailler avec amour ?
C’est tisser un vêtement avec des fils tirés de votre cœur, comme si votre bien-aimée devait le porter.
C’est construire une maison avec affection, comme si votre bien-aimée devait y habiter.
C’est semer des graines avec tendresse et récolter la moisson avec joie, comme si votre bien-aimée devait en manger le fruit.
C’est insuffler en toutes choses que vous façonnez un zéphyr de votre esprit,
Et savoir que tous les morts bienheureux se tiennent auprès de vous et vous regardent.
Je vous ai souvent entendu répéter, comme si vous balbutiiez dans votre sommeil : « Celui qui travaille le marbre, et découvre la forme de son âme dans la pierre, est plus noble que celui qui travaille la terre.
Et celui qui saisit l’arc-en-ciel et parvient à le coucher sur sa toile sous forme de portrait d’homme, est plus honorable que celui qui fabrique des sandales pour nos pieds. »
Mais je vous réponds, non pas dans mon sommeil mais au zénith de mon éveil, que le vent ne murmure pas au chêne géant des mots plus caressants que ceux qu’il adresse au plus frêle des brins d’herbe;
La grandeur réside en celui qui transforme la voix du vent en une mélodie rendue plus suave par son propre amour. »
Le travail est l’amour rendu visible.
Et si vous ne pouvez travailler avec amour mais seulement avec répugnance, mieux vaut abandonner votre travail et vous asseoir à la porte du temple, demandant l’aumône à ceux qui œuvrent avec joie.
Car si vous pressez le pain avec indifférence, votre pain sera amer et n’assouvira qu’à moitié la faim de l’homme.
Et si vous pressez les grappes de raisin à contrecœur, vous distillerez le poison de votre rancœur dans le vin.
Et même si vous chantez comme des anges, sans être pour autant passionné de chant, vous rendrez l’homme sourd aux voix de jour et aux voix de la nuit. »

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